lundi, 03 novembre 2008
DURE RENTREE
Voilà, l'été est terminé depuis déjà quelques mois et le ciel nous le fait bien ressentir.
Les programmes culturels de l'été sont toujours bien remplis et, j'ignore pourquoi, on aime allé au théâtre l'été, en plein air, c'est agréable.
La nuit tombe tard, il fait chaud et beau, l'esprit est léger, ouvert à tout, même au théâtre !!
"Il faut être intellectuel pour aller au théâtre ! C'est un art trop inaccessible, trop élitiste" dirons certains, "l'été c'est mieux, on nous propose des comédies !!"
Le théâtre ennuie parfois, surtout lorsqu'il est contemporain mais il ne faut pas s'arrêter à l'intrigue, admirons le travail de mise en scène, le jeu des comédiens.
Le théâtre est un art riche, complet !
Profitez de la saison des spectacles à Valence, certes très audacieuse, mais variée et vraiment intéressante. C'est rare d'avoir un théâtre national dans une ville pas si grande que ça !!
Profitez simplement de la saison de Romans, moins prétentieuse, mais très bien aussi, nous avons la chance d'accueillir un Marivaux avec Féodor Atkine.
Si le théâtre a traversé les siècles et même les millénaires, c'est qu'il y a une raison.
Le théâtre doit être populaire, certes, mais tomber dans le simple divertissement n'a aucun intérêt. Autant rester devant la Star Ac' !! En sortant d'une salle de spectacle, la logique veut que l'on se pose des tonnes de questions plus ou moins existentielles. Réfléchir à ce que nous sommes est tout à fait humain et ne pas y penser nous ramènerait, en exagérant, à notre condition bestiale.
Pour que le spectacle vivant reste encore vivant, abusez-en !!
Je trouverai ça triste que tous ces siècles d'invention, de création, d'imagination, tant de questions posées, tant d'évolution pour que le spectacle meurt au XXIe siècle ... ce serait la preuve de la décadence de la société contemporaine.
19:17 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 09 juin 2008
ABODE OF CHAOS
La Demeure du Chaos continue de faire polémique et ce n'est pas dans le but de faire changer d'avis les détracteurs que j'écris des articles sur ce lieu étrange.
J'ai simplement une fascination pour Thierry Erhmann, qui a su développer une philosophie, une conception et une démarche. Il a créé quelque chose de neuf qui a fait scandale (les avant-garde font toujours scandale) et il est allé au bout de son idée. Et il ne s'arrêtera pas.
Je ne sais pas comment exprimer tout ce que j'en pense sans tomber dans le catalogue, ni l'apologue. je ne veux convaincre personne, chacun a sa sensibilité et il est vrai que pour beaucoup l'Art est ce qui est Beau.
Dans l'Art académique, officiel ou de propagande, oui, l'art est beau car il faut respecter certains codes pour symboliser des "messages", des idées. Mais alors, l'art se réduirait à n'être qu'une infinie reproduction des lieux communs, tombant donc dans le cliché jusqu'à ne plus vouloir rien dire.
Depuis maintenant 150 ans environ, les Artistes savent inventer un autre langage. Aujourd'hui, l'art contemporain ne témoigne pas de la Beauté mais au contraire, du désordre qui peut exister, et ce depuis les atrocités vues et vécues de la seconde guerre mondiale.
Certains, comme les dramaturges, ont traduit cela par des relations humaines impossibles (manque de communication, haine, etc.), par la folie ou tout autre comportement étrange mais toujours d'un point de vue de la psychologie.
D'autres, plus "féroces", ont pris le sujet d'un point de vue plastique (destruction, feu, sang, etc.). C'est ce qu'a fait Thierry Erhmann. La Demeure du Chaos est alors un lieu de libre expression pour des êtres peut-être un peu trop lucides sur le monde qui nous entoure. Mais c'est également un lieu où l'Art s'exprime en liberté, sans codes, sans contraintes, sans carcans !
Ce qu'il y a d'intéressant se trouve aussi dans le fait que de nombreuses références artistiques sont exploitées. Par "références" je n'entend pas De Vinci qui a beau être un génie, n'a pas fait polémique. J'entends plutôt des personnages comme Duchamp pour ses ready-made ou Yves Klein pour ses installations et son rapport au corps. J'imagine que des personnes pensent que cette "demeure du chaos" n'a rien d'artistique alors qu'elle l'est à 110%.
Voici un lien vers la vidéo qui a été faite par Thierry Erhmann (et une belle équipe!) --> VIDEO
Les images sont magnifiques et les commentaires très intéressants puisqu'ils expliquent la perception que T.E. a du Monde, de la Vie, de l'Art.
18:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 29 avril 2008
LA POESIE
La poésie a toujours été le genre noble par excellence. En littérature, un grand auteur est celui qui va utiliser la fonction poétique du langage décrite par Jackobson. Les mots n'ont plus tout à fait leur sens premier et l'on va jouer sur les associations de mots pour créer des images et autres figures de style.
Paradoxalement, les poètes sont toujours passés pour des êtres maudits, dépravés et marginaux.
En réalité, ce sont souvent des personnes ultra-sensibles qui ont une vision du monde totalement différente. Tout est dans la perception.
La réalité est commune à tous mais la vérité est unique. Et le poète cherche à retranscrire sa propre idée des choses. Grâce ou à cause de cela, il paraît quelques fois narcissique car son individualité est mise en avant.
Il est vrai qu'aujourd'hui nous voulons faire partie du groupe, se faire accepter, aider. Mais cette aide que nous offrons est souvent un moyen de monnayer les relations affectives. Rien n'est plus vrai, dans le groupe l'Homme change de visage.
Mais n'oublions pas que nous sommes chacun un absolu, avec une identité propre. Nous sommes des êtres uniques capables d'exister seul, sans rattachement à l'un ou à l'autre, sans rattachement à une fonction : certes, nous sommes l'enfant de, nous sommes ouvriers ou patrons, nous sommes l'ami ou l'ennemi de, mais nous sommes aussi une personne avec son histoire et sa psychologie, sa conscience et son inconscient.
Maintenant, imaginons que plus rien ne nous lie les uns aux autres. Il ne resterait alors que des individus libres mais égarés, courant ici et là et créant un désordre général. L'Homme n'a jamais appris à vivre seul, ou plus exactement, à se connaître lui-même intimement. Nous disons souvent que nous avons "peur de l'autre", en réalité n'avons-nous pas peur que l'autre nous renvoie à ce que l'on est ? Comme si son regard nous renvoyait notre personnalité avec nos défauts, notre culpabilité et nous enfermait alors dans ce qu'il nous projette ("L'Enfer c'est les autres" Huis Clos, Sartre)
En fait, nous n'avons jamais été libres ! Nous sommes pris dans un engrenage infernal qui nous empêche d'agir. Toute action tentée, même menée à bout, semble être inutile. Et de cette inertie naît la division des êtres, des êtres alors errants et sans repères.
Au fur et à mesure, et comme prise à son gré dans cette folie, la société s'effondre. la société Occidentale s'effondre et se décompose. L'Homme occidental se décompose aussi.
Certains comparent cette chute au mythe de Babel : les États-Unis auraient pu être le "paradis retrouvé", la terre promise où les humains seraient enfin réunis comme les fils de Noé l'auraient souhaité mais ce pays universel se fragmente et entraîne avec lui la déstabilisation de l'Homme moderne. Les attentats de 11 septembre 2001 ont été l'apothéose de l'effondrement de toute une société et de toute une pensée.
Aujourd'hui donc, que nous reste-t-il ? Quel(s) choix avons-nous ?
Suivre les lois ou les transgresser sont deux solutions mais elles sont extrêmes. Dans le premier cas, l'Homme suit la voix d'un fou, d'un tyran et perd sa nature car alors il est pris dans le groupe qui l'empêche d'être lui même (cf Rhinocéros de Ionesco). Même si dans le second cas l'Homme est amené à suivre sa propre conception de la Vie, il risque d'en perdre la Raison et par conséquent son identité même.
En Arts, la démarche doit être celle qui représente le mieux l'état de notre Société, notre condition.
En écriture, par exemple, il est nécessaire de déconstruire la phrase.
Ce que j'ai commencé à faire est d'enlever à la phrase ce qui lui donne sa nature-même de syntaxe : le verbe.
Ainsi, seuls quelques mots gravitent autour d'un vide, d'un non-sens. Ils prennent dès lors une autre dimension. le mot n'existe plus dans son rapport avec les autres mais il existe en lui-même, pour son aspect, sa couleur, son image. Comme l'individu, le mot a son identité qui fait qu'il est unique.
De plus, en ôtant le verbe, l'action est impossible.
Voici maintenant la préface de Léo Ferré pour son recueil Poètes ... vos papiers ! (1956). J'ai sélectionné les passages qui me semblaient les plus pertinents.
"La poésie contemporaine ne chante plus... Elle rampe
Elle a cependant le privilège de la distinction, elle ne fréquente pas les mots mal famés, elle les ignore
On ne prend les mots qu'avec des gants et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires et du Codex. Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, c'est la poésie qui illustre le mot !
L'alexandrin est un moule à pied. Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds, ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.
Le vers est musique et le vers sans musique est littérature. La syntaxe du vers est une syntaxe harmonique - toutes licences comprises.
il n'y a point de fautes d'harmonie en Art, il n'y a que des fautes de goût. L'harmonie peut s'apprendre à l'école. Le goût est le sourire de l'âme ; il y a des âmes qui ont des vilains rictus, c'est ce qui fait le mauvais goût.
En France, la poésie est concentrationnaire.
Elle n'a d'yeux que pour les fleurs ; le contexte d'humus et de fermentation qui fait la vie n'est pas dans le texte. On a rogné les ailes à l'albatros en lui laissant juste ce qu'il faut de moignons pour s'ébattre dans la basse-cour littéraire.
Il n'y a plus rien a attendre du poète muselé, accroupi et content dans notre monde, il n'y a rien à espérer de l'Homme parqué, fiché et souriant à l'aventure du vedettariat.
Le poète n'a plus rien à dire, il s'est sabordé lui-même depuis qu'il a soumis le vers français aux diktats de l'hermétisme et de l'écriture dite "automatique"
La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie, n'est pas finie. Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale, tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
L'embrigadement est un signe des temps, de notre temps.
Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires sont encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune
Nous vivons une époque épique qui a commencé avec la machine à vapeur et qui se termine par la désintégration de l'atome.
La poésie devra-t-elle s'alimenter aux accumulateurs nucléaires et mettre l'âme humaine et son désarroi dans un herbier ?
Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien d'épique.
Le progrès, ces la culture en pilules.
Pour que le désespoir même se vende il ne reste qu'à en trouver la formule. Tout est prêt :les capitaux, la publicité, la clientèle. Qui donc inventera le désespoir ?
Dès qu'une idée saine voit le jour, elle est aussitôt happée et mise en compote, et son auteur est traité d'anarchiste.
Divine Anarchie, adorable Anarchie, tu n'es pas un système, un parti, une référence, mais un état d'âme.
Tu es la seule invention de l'Homme, et sa solitude, et ce qui lui reste de liberté.
Tu es l'avoine du poète.
Place à la poésie, Hommes traqués !
Mettez des tapis sous ses pas meurtris, accordez vos cordes cassées à son diapason lunaire, donnez lui un bol de riz, un verre d'eau, un sourire, ouvrez les portes sur ce no man's land où les chiens n'ont plus de muselière, les chevaux de licol, ni les Hommes de salaire.
N'oubliez jamais que le rire n'est pas le propre de l'Homme, mais qu'il est le propre de la Société.
L'homme seul ne rit pas, il lui arrive quelques fois de pleurer.
N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale, c'est que c'est toujours la Morale des autres.
Je voudrais que ces quelques vers constituent un manifeste du désespoir,
Je voudrais que ces quelques vers constituent pour les Hommes libres qui demeurent mes frères un manifeste de l'espoir."
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samedi, 15 mars 2008
LIBRE EXPRESSION
Un article publié dans l'Impartial du 21 février critiquait ouvertement la Compagnie de l'Oeil Nu. Serge Brozille, directeur de la compagnie, a écrit et envoyé sa réponse au journal qui ne l'a pas publiée.
Je ne vais pas retranscrire ici l'article ni la réponse précisément mais je tiens à prendre sa défense et de manière plus générale, la défense du théâtre voire des Arts et de la Culture. Nous sommes encore dans un état de liberté et j'ai envie d'en abuser ! La Culture est ce qui permet d'avoir un esprit ouvert et critique.
Voici ce que le journal reproche à la compagnie de l'Oeil Nu et ce que M. Brozille répond (et quelques commentaires de moi-même, bien sûr) :
- Une compagnie trop "familiale".
Il est vrai que le Compagnie est en partie composée de Serge Brozille, comédien, et Christiane Gatt-Brozille, metteur en scène et comédienne. Mais dans ce cadre ils pratiquent leur métier, normalement, il n'y a eu aucun traitement de faveur. La compagnie emploie aussi 2 à 3 autres comédiens, sans cela elle ne mériterait pas le nom de "Compagnie"
- Une programmation mal faite, sans classiques, ni humour. des pièces "anti-cléricales" qui ne respectent pas "les croyances et traditions ancestrales de la population". "Un théâtre très très engagé" selon le journaliste
Peut-être que ce monsieur Journaliste n'a pas vu la programmation de cette année : un Molière et un Feydeau ! Je me souviens d'avoir vu un Shakespeare, un Lorca. Ce n'est pas rien non plus ! Quant aux créations de la Compagnie, comme l'explique M. Brozille, les classiques demandent énormément de moyens, qu'ils n'ont malheureusement pas.
Ensuite, pour le théâtre engagé et anti-clérical, n'est-ce pas là la liberté-même du théâtre ? Le théâtre n'est pas qu'un divertissement, il a aussi un rôle éducatif, il doit permettre de se poser pas mal de questions à la sortie. De plus, le théâtre n'est plus un acte religieux comme dans l'Antiquité ou au Moyen-Âge ... Petit retour en arrière ... Le théâtre serait né d'une "tribu" qui imitait l'envol des grues, oiseaux sacrés. Puis on a rajouté un chœur, puis des acteurs. En Grèce, les pièces étaient présentées durant les Dionysies, fêtes consacrées à Dionysos. Au Moyen-Âge, on représentait dans le sépulcrum (dans l'église donc!) la résurrection du Christ. Peu à peu, le théâtre est sorti de l'église pour devenir plus populaire. En Angleterre, au XVIe et XVIIe siècles, le théâtre n'est plus religieux. On le dit même causeur de troubles. Aujourd'hui, j'espère quand même que les pensées ont évolué et que dans notre société LAÏQUE on accepte ce genre de théâtre où la religion n'est plus au centre. S'il paraît "anti-clérical" pour ce journaliste, je lui répondrais qu'il a un esprit assez étroit pour ne pas comprendre le sens du théâtre qui est avant tout une réflexion sur la réalité d'aujourd'hui.
- Un public clairsemé et peu varié : beaucoup de "seniors" ou des professeurs avec leurs élèves
Un public clairsemé vous dites ? Il est étrange qu'à chaque représentation où je suis présente, la salle est comble!
Quant au style du public, Serge Brozille, au nom de l'Oeil Nu, se fait une fierté de voir des jeunes au théâtre. Il s'agit de la nouvelle génération et il est important de les sensibiliser à cet art. J'ai moi-même fait partie de ces jeunes lycéens qui doivent aller voir quelques pièces par an. Honnêtement, on casse un grand nombre de préjugés : pour les 15-16 ans, le théâtre a une image surannée et accessible seulement aux intellectuels. Or, la Compagnie de l'Oeil Nu fonctionne avec les lycées romanais et ouvre les jeunes au théâtre. Les pièces sont variées et abordables pour tous, les tarifs pour les jeunes sont corrects. Du coup, aujourd'hui je vais toujours au théâtre et je fais même mes études dans cette matière ! En fait, il me semble que Serge Brozille ne voit pas en quoi cette remarque peut être désagréable. Bien au contraire, le théâtre romanais applique à merveille son rôle éducatif !
- Un théâtre financé par le contribuable alors que la moitié de la population de Romans s'y oppose(rait)
Tous les théâtre de France sont subventionnés par leur ville, leur conseil départemental et régional et par le ministère de la Culture. Et heureusement ! Imaginez qui pourrait se payer une place à 60€ ?!? Le théâtre et les Arts et la Culture en général ne seraient accessibles qu'à une élite. Et je ne crois pas que l'on puisse vraiment se plaindre car les conditions du spectacle vivant en France ne cesse de s'empirer. Alors que les Arts sont censés ouvrir les esprits et développer une certaine critique, le gouvernement donne de moins en moins de moyens à nos artistes pour créer et s'exprimer comme ils le voudraient. Je ne dis pas que nous sommes en dictature mais 'est-ce pas là un procédé pour tenir en bride la populasse ? En France, cela est bien connu, les "dirigeants" n'ont aucun confiance en leur peuple (rappelez vous 1789 et Louis XVI qui s'est enfui par peur des Français ...)
Une mairie de gauche trop impliquée dans la Culture
A quelques jours des élections municipales, il est facile de déverser des propos aussi médisants. Surtout à Romans où la droite et la gauche sont au coude à coude. On sait que la ville investit beaucoup au niveau culturel et c'est ce que les opposants au PS critiquent : un Carnaval trop gros, trop de concerts, trop de théâtre, arrive aussi la Biennale de l'International. Cela dit, je n'entrerai pas dans ce débat, chacun a ses arguments plus ou moins valables. Le fait est que cet article tombe "par hasard" au moment où les acteurs culturels de la ville se posent de grandes questions sur l'avenir de Romans en cette matière. La ville a su développer un réseau important d'associations, de groupes de musique ou de théâtre et il est important de préserver cela ! Parti de droite, parti de gauche, je ne veux pas me faire "grand justicier" ni plaider pour une cause, il faut seulement comprendre que sans cela, il n'y a plus rien de vraiment vivant à Romans. Plus largement, protégeons les Arts et la Culture pour notre patrimoine, notre richesse (d'esprit bien sûr!) et pour garder les yeux ouverts.
Je vous renvoie à l'article sur Ionesco et sur le rôle de l'Art dans notre société.
PS : je rappelle que le titre de l'article est "libre expression", alors s'il y a des objections, je les accepterai. Cependant, s'il y a une chose dont j'ai horreur, ce sont les critiques gratuites!
11:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 13 mars 2008
TROUVEE AU HASARD ...
"C'est parce que la vitesse de la lumière est beaucoup plus élevée que celle du son que tant de gens paraissent brillants avant d'avoir l'air con..."
19:34 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 06 février 2008
COEFF 7
Coefficient 7 est un groupe drômois qui produit des artistes locaux et leur permet de monter sur scène en concert ou en festival.
Il y a encore quelques années, ils organisaient le Petit Festival en Herbe aux alentours de Crest. A présent ils se consacrent à Ceci n'est pas un (Petit) Festival. Les artistes qui y interviennent appartiennent un peu plus à des mouvements alternatifs ou bien sont moins connus puisqu'étant naissant.
Coeff 7 organise différents concerts dans la Drôme pour faire découvrir ces groupes locaux comme Cofi Makers, 90C, Rémingway, Yack, Sko, etc ! Ils participent aussi à la programmation des concerts du Moulin de la Pipe (Omblèze).
Mais leur rôle ne s'arrête pas à la prog et à l'organisation de concerts et de festivals ! Ils produisent également des artistes qui ne sont pas (encore) connus. ainsi, ils peuvent sortir un album qui les fera connaître et ils pourront en sortir encore, pour notre plus grand paisir !!
Leur site, c'est par là ! Vous pourrez découvrir leurs activités plus en détails, et surtout connaître les groupes que le collectif aide et vous renseigner sur les dates de concerts (en live c'est toujours mieux !)
10:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 24 janvier 2008
ATTENTION CARNAVAL !!
Dans moins d'un mois, les fous envahissent Romans.
Dans la tradition chrétienne, le Carnaval se faisait le mercredi des Cendres, c'est à dire le jour suivant Mardi Gras. Un affreux personnage déambulait : c'était le Carmentran, autrement dit Carême Entrant.
Dans tout cela, rien de bien politique.
Pourtant, cette journée été consacrée aux excès et tous pouvaient participer. Imaginez une société féodale où les classes sociales sont bien définies et où l'on ne se mélange pas... A ce moment là, étant tous déguisés, un semblant de liberté naissait.
Aujourd'hui, Carmentran est synonyme de pouvoir et on l'accuse de tous les maux. La fête est donc devenue sociale et politque.
C'est pourquoi, quand Romans organise son Carnaval, la parole est laissée aux citoyens que nous sommes.
Dimanche 27 janvier, à midi, un repas est organisé aux Cordeliers par la famille Max de Grolles et en compagnie de quelques associations du Carnaval.
Profitez de ce moment là pour crier haut et fort ce que vous pensez d'ordinaire tout bas. Carmentran est notre cible!
Accusons ce fauteur de troubles, cet être infâme et détestable personnage, des malheurs de tous et de chacun.
A l'issu, seulement 10 doléances seront retenues (par un vote libre et démocratique!) et feront le procès de Carmentran le jour J, le 16 février.
19:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 19 janvier 2008
FLUXUS
Je tiens à parler de ce mouvement artistique, peu connu, et pourtant si important de par sa conception de l'art.
Les artistes fluxus sont les héritiers de Dada, autant dans la forme que dans le fond. Mais l'évolution des techniques et des pensées a donné un mouvement à part entière, artistique et contemporain.
Leur idée de départ est de casser les frontières entre tous les arts : ainsi, fluxus touche autant les arts plastiques que la vidéo ou la musique (d'ailleurs de nombreux xoncerts fluxus sont organisés!). Il y a une réelle interaction entre les différents domaines comme il peut y avoir action entre vie et art. L'art sort des carcans et du circuit de "star system" est doit être sensible à tous. C'est pourquoi le public, par exemple, peut être amené à participer à la pièce de théâtre ou au concert.
Les objets utilisées sont aussi des matériaux modernes. L'innovation de Dada, puis du cubisme, a été de faire de l'art avec du non-artisitque. Picasso a mis cette pratique au goût du jour avec divers collages (cf Nature morte à la chaise canée) et Duchamp a été le maître du ready made, c'est à dire des objets du quotidien, fabriqués en usine et non par l'artiste (cf l'Urinoir). Fluxus reprend cette idée comme base car il revendique le non-art voire l'anti-art, Fluxus est contre un art élitiste, accessible seulement en connaissance de l'Histoire de l'art.
Fluxus peut parfois choquer car nous sommes bien loin de l'art classique et conforme.
Fluxus, c'est aussi la déraison et la dérision. Se moquer de soi, du monde et de l'art. Ainsi, Fluxus se moque même de lui-même ! Ce mouvement est totalement marginal, telle est sa revendication. L'art devient jeu simple, amusant et insignifiant pour prouver que le "public" peut se suffire à lui-même, contrairement à l'art classique où l'artiste est exclusif, où il est le seul à pouvoir faire de l'art. Alors son oeuvre devient complexe, intellectuelle et donc prétentieuse.
En ne se prenant absolument pas au sérieux, Fluxus, prend le contre-pied de tout cela.
19:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 16 décembre 2007
GHERASIM LUCA
Ghérasim Luca (1913-1994) est un poète roumain.
Il intègre le mouvement surréaliste (mené notamment par Tzara). Il arrive à Paris où il rencontre d'autres surréalistes : Breton, Hérold.
Ghérasim Luca lit lui-même ses poèmes.
Il joue avec les structures syntaxiques et avec les mots eux-même, fait bégayer la langue (balbutiement, séquences, saccades)
Il y a dans son travail depuis le début une véritable obsession de la mort sous toutes ses formes.
Son recueil le plus remarquable est sans doute Paralipomènes
Ici, le plus connu de ses poèmes : La Fin du Monde
Prendre Corps …
Je te flore
Tu me faune
Je te peau
Je te porte
Et te fenêtre
Tu m’os
Tu m’océan
Tu m’audace
Tu me météorite
Je te clé d’or
Je t’extraordinaire
Tu me paroxysme
Tu me paroxysme
Et me paradoxe
Je te clavecin
Tu me silencieusement
Tu me miroir
Je te montre
Tu me mirage
Tu m’oasis
Tu m’oiseau
Tu m’insecte
Tu me cataracte
Je te lune
tu me nuage
tu me marée haute
Je te transparente
tu me pénombre
tu me translucide
tu me château vide
et me labyrinthe
Tu me parallaxe
et me parabole
tu me debout
et couché
tu m'oblique
Je t'équinoxe
je te poète
tu me danse
je te particulier
tu me perpendiculaire
et soupente
Tu me visible
tu me silhouette
tu m'infiniment
Tu m'indivisible
tu m'ironie
Je te fragile
je t'ardente
je te phonétiquement
tu me hiéroglyphe
Tu m'espace
tu me cascade
je te cascade
à mon tour mais toi
Tu me fluide
Tu m’étoile filante
Tu me volcanique
Nous nous pulvérisable
Nous nous scandaleusement
jour et nuit
nous nous aujourd'hui même
tu me tangente
je te concentrique
Tu me soluble
tu m'insoluble
tu m'asphyxiant
et me libératrice
tu me pulsatrice
Tu me vertige
tu m'extase
tu me passionnément
tu m'absolu
je t'absente
tu m'absurde
Prendre Corps …
Je te narine je te chevelure
je te hanche
tu me hantes
je te poitrine
je buste ta poitrine puis te visage
je te corsage
tu m'odeur tu me vertige
tu glisses
je te cuisse je te caresse
je te frissonne
tu m'enjambes
tu m'insupportable
je t'amazone
je te gorge je te ventre
je te jupe
je te jarretelle je te bas je te Bach
oui je te Bach pour clavecin sein et flûte
je te tremblante
tu me séduis tu m'absorbes
je te dispute
je te risque je te grimpe
tu me frôles
je te nage
mais toi tu me tourbillonnes
tu m'effleures tu me cernes
tu me chair cuir peau et morsure
tu me slip noir
tu me ballerines rouges
et quand tu ne haut talon pas mes sens
tu les crocodiles
tu les phoques tu les fascines
tu me couvres
je te découvre je t'invente
parfois tu te livres
tu me lèvres humides
je te délivre je te délire
tu me délires et passionnes
je t'épaule je te vertèbre je te cheville
je te cils et pupilles
et si je n'omoplate pas avant mes poumons
même à distance tu m'aisselles
je te respire
jour et nuit je te respire
je te bouche
je te palais je te dents je te griffe
je te vulve je te paupières
je te haleine
je t'aine
je te sang je te cou
je te mollets je te certitude
je te joues et te veines
je te mains
je te sueur
je te langue
je te nuque
je te navigue
je t'ombre je te corps et te fantôme
je te rétine dans mon souffle
tu t'iris
je t’écris
Tu me penses
Son Corps Léger …
Son corps léger
est-il la fin du monde ?
C'est une erreur
c'est un délice glissant
entre mes lèvres
près de la glace
mais l'autre pensait :
ce n'est qu'une colombe qui respire
quoi qu'il en soit
là où je suis
il se passe quelque chose
dans une position délimitée par l'orage
Près de la glace c'est une erreur
là où je suis ce n'est qu'une colombe
mais l'autre pensait :
il se passe quelque chose
dans une position délimitée
glissant entre mes lèvres
est-ce la fin du monde
C’est un délice quoi qu'il en soit
son corps léger respire par l'orage
Dans une position délimitée
près de la glace qui respire
son corps léger glissant entre mes lèvres
est-ce la fin du monde ?
mais l'autre pensait : c'est un délice
il se passe quelque chose quoi qu'il en soit
par l'orage ce n'est qu'une colombe
là où je suis c'est une erreur
Est-ce la fin du monde qui respire
son corps léger ? mais l'autre pensait :
là où je suis près de la glace
c'est un délice dans une position délimitée
quoi qu'il en soit c'est une erreur
il se passe quelque chose par l'orage
ce n'est qu'une colombe
glissant entre mes lèvres
Ce n'est qu'une colombe
dans une position délimitée
là où je suis par l'orage
mais l'autre pensait :
qui respire près de la glace
est-ce la fin du monde ?
quoi qu'il en soit c'est un délice
il se passe quelque chose
c'est une erreur
glissant entre mes lèvres
son corps léger
Lecture de Passionnément par Ghérasim Luca lui-même --> ici
D'autres lectures (Son Corps Léger, Une vie Une oeuvre) --> là
L'article de l'Humanité sur la vie et le mort du poète.
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vendredi, 23 novembre 2007
BIENVENU A ROMANS !
Contrairement à ce que l'on pourrait entendre, Romans n'est pas une ville morte !
Ce week-end à la Boucherie Chevaline c'est soirée massage (assis et habillé, respect du corps, respect de l'autre) et le week end prochain c'est Texaco, le groupe de reggae-blues (pour coller une étiquette), qui animera le café de la rue Pêcherie.
Petit rappel de la saison des spectacles, le mercredi 5 et le jeudi 6 décembre, la merveilleuse Troupe du Phénix présente une adaptation de Feydeau. Au programme donc, rires, musique et couleurs à volonté !! Rendez-vous au théâtre Jean Vilar.
Le lundi 17 et mardi 18 décembre, c'est un spectacle de danse qui sera présenté à la Presle.
N'hésitez pas à vous renseigner auprès des MJC Romanaise pour être courant des soirées organisées ! de mon côté je vous tiens au courant dès que j'ai des infos !!
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