samedi, 03 janvier 2009
MOZART
En ce moment, de nombreuses choses m'indignent en matière d'art, de littérature, de culture et d'éducation.
Je pourrais écrire des articles sur tout cela mais les sujets trop graves ne sont pas intéressants en dehors de vraies discussions, de vrais débats.
Alors je pousse mon coup de gueule sur une chose sans importance (mais quand même)
la comédie musicale "Mozart".
Jamais vue, jamais écoutée (de mon plein gré) ... je suis tombée sur un extrait vidéo et je trouve ça ahurissant.
Mozart a certes pu faire partie de la période baroque (baroque "tardif") mais il est LE représentant de la musique classique, style que l'on situe entre 1750 et 1820. Son style est plutôt galant dit-on de manière savante. Cela signifie qu'il abandonne peu à peu les marques du baroque (abondance de mélodies, exaltation) pour faire un style plus simple.
Il crée alors des symphonies (Jupiter), des opéras (Don Giovanni), des musiques sacrées (le magnifique Requiem en Ré mineur), des musiques de chambre.
Mais Mozart inove. Il est cultivé et curieux. Il est au courant de ce qui se passe en matière artistique. A cette époque, le mouvement allemand "Sturm und Drang" (tempête et passion) est le début du Romantisme. Goethe en fera partie dès 1774 en écrivant Les Souffrances du jeune Werther.
Le Romantisme, aujourd'hui considéré comme la galanterie, est en fait une pensée tourmentée où les sentiments personnels sont exaltés, où la passion l'emporte sur la raison, créant ainsi un esprit de révolte chez les jeunes personnes. La nature a aussi une place important puisqu'elle est le reflet du tourbillon qui subsiste dans le cœur du poète. La mort est souvent le seul échappatoire.
Mozart est donc loin d'être baroque comme le montre cette comédie musicale qui souille plus qu'autre chose l'image de ce génie, qui a su faire vibrer les émotions avec une telle puissance.
Se "prendre la tête" pour ce qui ne durera pas ne vaut peut-être pas bien la peine. Mozart, lui, restera.
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lundi, 03 novembre 2008
DURE RENTREE
Voilà, l'été est terminé depuis déjà quelques mois et le ciel nous le fait bien ressentir.
Les programmes culturels de l'été sont toujours bien remplis et, j'ignore pourquoi, on aime allé au théâtre l'été, en plein air, c'est agréable.
La nuit tombe tard, il fait chaud et beau, l'esprit est léger, ouvert à tout, même au théâtre !!
"Il faut être intellectuel pour aller au théâtre ! C'est un art trop inaccessible, trop élitiste" dirons certains, "l'été c'est mieux, on nous propose des comédies !!"
Le théâtre ennuie parfois, surtout lorsqu'il est contemporain mais il ne faut pas s'arrêter à l'intrigue, admirons le travail de mise en scène, le jeu des comédiens.
Le théâtre est un art riche, complet !
Profitez de la saison des spectacles à Valence, certes très audacieuse, mais variée et vraiment intéressante. C'est rare d'avoir un théâtre national dans une ville pas si grande que ça !!
Profitez simplement de la saison de Romans, moins prétentieuse, mais très bien aussi, nous avons la chance d'accueillir un Marivaux avec Féodor Atkine.
Si le théâtre a traversé les siècles et même les millénaires, c'est qu'il y a une raison.
Le théâtre doit être populaire, certes, mais tomber dans le simple divertissement n'a aucun intérêt. Autant rester devant la Star Ac' !! En sortant d'une salle de spectacle, la logique veut que l'on se pose des tonnes de questions plus ou moins existentielles. Réfléchir à ce que nous sommes est tout à fait humain et ne pas y penser nous ramènerait, en exagérant, à notre condition bestiale.
Pour que le spectacle vivant reste encore vivant, abusez-en !!
Je trouverai ça triste que tous ces siècles d'invention, de création, d'imagination, tant de questions posées, tant d'évolution pour que le spectacle meurt au XXIe siècle ... ce serait la preuve de la décadence de la société contemporaine.
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lundi, 09 juin 2008
ABODE OF CHAOS
La Demeure du Chaos continue de faire polémique et ce n'est pas dans le but de faire changer d'avis les détracteurs que j'écris des articles sur ce lieu étrange.
J'ai simplement une fascination pour Thierry Erhmann, qui a su développer une philosophie, une conception et une démarche. Il a créé quelque chose de neuf qui a fait scandale (les avant-garde font toujours scandale) et il est allé au bout de son idée. Et il ne s'arrêtera pas.
Je ne sais pas comment exprimer tout ce que j'en pense sans tomber dans le catalogue, ni l'apologue. je ne veux convaincre personne, chacun a sa sensibilité et il est vrai que pour beaucoup l'Art est ce qui est Beau.
Dans l'Art académique, officiel ou de propagande, oui, l'art est beau car il faut respecter certains codes pour symboliser des "messages", des idées. Mais alors, l'art se réduirait à n'être qu'une infinie reproduction des lieux communs, tombant donc dans le cliché jusqu'à ne plus vouloir rien dire.
Depuis maintenant 150 ans environ, les Artistes savent inventer un autre langage. Aujourd'hui, l'art contemporain ne témoigne pas de la Beauté mais au contraire, du désordre qui peut exister, et ce depuis les atrocités vues et vécues de la seconde guerre mondiale.
Certains, comme les dramaturges, ont traduit cela par des relations humaines impossibles (manque de communication, haine, etc.), par la folie ou tout autre comportement étrange mais toujours d'un point de vue de la psychologie.
D'autres, plus "féroces", ont pris le sujet d'un point de vue plastique (destruction, feu, sang, etc.). C'est ce qu'a fait Thierry Erhmann. La Demeure du Chaos est alors un lieu de libre expression pour des êtres peut-être un peu trop lucides sur le monde qui nous entoure. Mais c'est également un lieu où l'Art s'exprime en liberté, sans codes, sans contraintes, sans carcans !
Ce qu'il y a d'intéressant se trouve aussi dans le fait que de nombreuses références artistiques sont exploitées. Par "références" je n'entend pas De Vinci qui a beau être un génie, n'a pas fait polémique. J'entends plutôt des personnages comme Duchamp pour ses ready-made ou Yves Klein pour ses installations et son rapport au corps. J'imagine que des personnes pensent que cette "demeure du chaos" n'a rien d'artistique alors qu'elle l'est à 110%.
Voici un lien vers la vidéo qui a été faite par Thierry Erhmann (et une belle équipe!) --> VIDEO
Les images sont magnifiques et les commentaires très intéressants puisqu'ils expliquent la perception que T.E. a du Monde, de la Vie, de l'Art.
18:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 29 avril 2008
LA POESIE
La poésie a toujours été le genre noble par excellence. En littérature, un grand auteur est celui qui va utiliser la fonction poétique du langage décrite par Jackobson. Les mots n'ont plus tout à fait leur sens premier et l'on va jouer sur les associations de mots pour créer des images et autres figures de style.
Paradoxalement, les poètes sont toujours passés pour des êtres maudits, dépravés et marginaux.
En réalité, ce sont souvent des personnes ultra-sensibles qui ont une vision du monde totalement différente. Tout est dans la perception.
La réalité est commune à tous mais la vérité est unique. Et le poète cherche à retranscrire sa propre idée des choses. Grâce ou à cause de cela, il paraît quelques fois narcissique car son individualité est mise en avant.
Il est vrai qu'aujourd'hui nous voulons faire partie du groupe, se faire accepter, aider. Mais cette aide que nous offrons est souvent un moyen de monnayer les relations affectives. Rien n'est plus vrai, dans le groupe l'Homme change de visage.
Mais n'oublions pas que nous sommes chacun un absolu, avec une identité propre. Nous sommes des êtres uniques capables d'exister seul, sans rattachement à l'un ou à l'autre, sans rattachement à une fonction : certes, nous sommes l'enfant de, nous sommes ouvriers ou patrons, nous sommes l'ami ou l'ennemi de, mais nous sommes aussi une personne avec son histoire et sa psychologie, sa conscience et son inconscient.
Maintenant, imaginons que plus rien ne nous lie les uns aux autres. Il ne resterait alors que des individus libres mais égarés, courant ici et là et créant un désordre général. L'Homme n'a jamais appris à vivre seul, ou plus exactement, à se connaître lui-même intimement. Nous disons souvent que nous avons "peur de l'autre", en réalité n'avons-nous pas peur que l'autre nous renvoie à ce que l'on est ? Comme si son regard nous renvoyait notre personnalité avec nos défauts, notre culpabilité et nous enfermait alors dans ce qu'il nous projette ("L'Enfer c'est les autres" Huis Clos, Sartre)
En fait, nous n'avons jamais été libres ! Nous sommes pris dans un engrenage infernal qui nous empêche d'agir. Toute action tentée, même menée à bout, semble être inutile. Et de cette inertie naît la division des êtres, des êtres alors errants et sans repères.
Au fur et à mesure, et comme prise à son gré dans cette folie, la société s'effondre. la société Occidentale s'effondre et se décompose. L'Homme occidental se décompose aussi.
Certains comparent cette chute au mythe de Babel : les États-Unis auraient pu être le "paradis retrouvé", la terre promise où les humains seraient enfin réunis comme les fils de Noé l'auraient souhaité mais ce pays universel se fragmente et entraîne avec lui la déstabilisation de l'Homme moderne. Les attentats de 11 septembre 2001 ont été l'apothéose de l'effondrement de toute une société et de toute une pensée.
Aujourd'hui donc, que nous reste-t-il ? Quel(s) choix avons-nous ?
Suivre les lois ou les transgresser sont deux solutions mais elles sont extrêmes. Dans le premier cas, l'Homme suit la voix d'un fou, d'un tyran et perd sa nature car alors il est pris dans le groupe qui l'empêche d'être lui même (cf Rhinocéros de Ionesco). Même si dans le second cas l'Homme est amené à suivre sa propre conception de la Vie, il risque d'en perdre la Raison et par conséquent son identité même.
En Arts, la démarche doit être celle qui représente le mieux l'état de notre Société, notre condition.
En écriture, par exemple, il est nécessaire de déconstruire la phrase.
Ce que j'ai commencé à faire est d'enlever à la phrase ce qui lui donne sa nature-même de syntaxe : le verbe.
Ainsi, seuls quelques mots gravitent autour d'un vide, d'un non-sens. Ils prennent dès lors une autre dimension. le mot n'existe plus dans son rapport avec les autres mais il existe en lui-même, pour son aspect, sa couleur, son image. Comme l'individu, le mot a son identité qui fait qu'il est unique.
De plus, en ôtant le verbe, l'action est impossible.
Voici maintenant la préface de Léo Ferré pour son recueil Poètes ... vos papiers ! (1956). J'ai sélectionné les passages qui me semblaient les plus pertinents.
"La poésie contemporaine ne chante plus... Elle rampe
Elle a cependant le privilège de la distinction, elle ne fréquente pas les mots mal famés, elle les ignore
On ne prend les mots qu'avec des gants et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires et du Codex. Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, c'est la poésie qui illustre le mot !
L'alexandrin est un moule à pied. Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds, ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.
Le vers est musique et le vers sans musique est littérature. La syntaxe du vers est une syntaxe harmonique - toutes licences comprises.
il n'y a point de fautes d'harmonie en Art, il n'y a que des fautes de goût. L'harmonie peut s'apprendre à l'école. Le goût est le sourire de l'âme ; il y a des âmes qui ont des vilains rictus, c'est ce qui fait le mauvais goût.
En France, la poésie est concentrationnaire.
Elle n'a d'yeux que pour les fleurs ; le contexte d'humus et de fermentation qui fait la vie n'est pas dans le texte. On a rogné les ailes à l'albatros en lui laissant juste ce qu'il faut de moignons pour s'ébattre dans la basse-cour littéraire.
Il n'y a plus rien a attendre du poète muselé, accroupi et content dans notre monde, il n'y a rien à espérer de l'Homme parqué, fiché et souriant à l'aventure du vedettariat.
Le poète n'a plus rien à dire, il s'est sabordé lui-même depuis qu'il a soumis le vers français aux diktats de l'hermétisme et de l'écriture dite "automatique"
La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie, n'est pas finie. Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale, tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
L'embrigadement est un signe des temps, de notre temps.
Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires sont encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune
Nous vivons une époque épique qui a commencé avec la machine à vapeur et qui se termine par la désintégration de l'atome.
La poésie devra-t-elle s'alimenter aux accumulateurs nucléaires et mettre l'âme humaine et son désarroi dans un herbier ?
Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien d'épique.
Le progrès, ces la culture en pilules.
Pour que le désespoir même se vende il ne reste qu'à en trouver la formule. Tout est prêt :les capitaux, la publicité, la clientèle. Qui donc inventera le désespoir ?
Dès qu'une idée saine voit le jour, elle est aussitôt happée et mise en compote, et son auteur est traité d'anarchiste.
Divine Anarchie, adorable Anarchie, tu n'es pas un système, un parti, une référence, mais un état d'âme.
Tu es la seule invention de l'Homme, et sa solitude, et ce qui lui reste de liberté.
Tu es l'avoine du poète.
Place à la poésie, Hommes traqués !
Mettez des tapis sous ses pas meurtris, accordez vos cordes cassées à son diapason lunaire, donnez lui un bol de riz, un verre d'eau, un sourire, ouvrez les portes sur ce no man's land où les chiens n'ont plus de muselière, les chevaux de licol, ni les Hommes de salaire.
N'oubliez jamais que le rire n'est pas le propre de l'Homme, mais qu'il est le propre de la Société.
L'homme seul ne rit pas, il lui arrive quelques fois de pleurer.
N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale, c'est que c'est toujours la Morale des autres.
Je voudrais que ces quelques vers constituent un manifeste du désespoir,
Je voudrais que ces quelques vers constituent pour les Hommes libres qui demeurent mes frères un manifeste de l'espoir."
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jeudi, 13 mars 2008
TROUVEE AU HASARD ...
"C'est parce que la vitesse de la lumière est beaucoup plus élevée que celle du son que tant de gens paraissent brillants avant d'avoir l'air con..."
19:34 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 19 janvier 2008
FLUXUS
Je tiens à parler de ce mouvement artistique, peu connu, et pourtant si important de par sa conception de l'art.
Les artistes fluxus sont les héritiers de Dada, autant dans la forme que dans le fond. Mais l'évolution des techniques et des pensées a donné un mouvement à part entière, artistique et contemporain.
Leur idée de départ est de casser les frontières entre tous les arts : ainsi, fluxus touche autant les arts plastiques que la vidéo ou la musique (d'ailleurs de nombreux xoncerts fluxus sont organisés!). Il y a une réelle interaction entre les différents domaines comme il peut y avoir action entre vie et art. L'art sort des carcans et du circuit de "star system" est doit être sensible à tous. C'est pourquoi le public, par exemple, peut être amené à participer à la pièce de théâtre ou au concert.
Les objets utilisées sont aussi des matériaux modernes. L'innovation de Dada, puis du cubisme, a été de faire de l'art avec du non-artisitque. Picasso a mis cette pratique au goût du jour avec divers collages (cf Nature morte à la chaise canée) et Duchamp a été le maître du ready made, c'est à dire des objets du quotidien, fabriqués en usine et non par l'artiste (cf l'Urinoir). Fluxus reprend cette idée comme base car il revendique le non-art voire l'anti-art, Fluxus est contre un art élitiste, accessible seulement en connaissance de l'Histoire de l'art.
Fluxus peut parfois choquer car nous sommes bien loin de l'art classique et conforme.
Fluxus, c'est aussi la déraison et la dérision. Se moquer de soi, du monde et de l'art. Ainsi, Fluxus se moque même de lui-même ! Ce mouvement est totalement marginal, telle est sa revendication. L'art devient jeu simple, amusant et insignifiant pour prouver que le "public" peut se suffire à lui-même, contrairement à l'art classique où l'artiste est exclusif, où il est le seul à pouvoir faire de l'art. Alors son oeuvre devient complexe, intellectuelle et donc prétentieuse.
En ne se prenant absolument pas au sérieux, Fluxus, prend le contre-pied de tout cela.
19:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 16 décembre 2007
GHERASIM LUCA
Ghérasim Luca (1913-1994) est un poète roumain.
Il intègre le mouvement surréaliste (mené notamment par Tzara). Il arrive à Paris où il rencontre d'autres surréalistes : Breton, Hérold.
Ghérasim Luca lit lui-même ses poèmes.
Il joue avec les structures syntaxiques et avec les mots eux-même, fait bégayer la langue (balbutiement, séquences, saccades)
Il y a dans son travail depuis le début une véritable obsession de la mort sous toutes ses formes.
Son recueil le plus remarquable est sans doute Paralipomènes
Ici, le plus connu de ses poèmes : La Fin du Monde
Prendre Corps …
Je te flore
Tu me faune
Je te peau
Je te porte
Et te fenêtre
Tu m’os
Tu m’océan
Tu m’audace
Tu me météorite
Je te clé d’or
Je t’extraordinaire
Tu me paroxysme
Tu me paroxysme
Et me paradoxe
Je te clavecin
Tu me silencieusement
Tu me miroir
Je te montre
Tu me mirage
Tu m’oasis
Tu m’oiseau
Tu m’insecte
Tu me cataracte
Je te lune
tu me nuage
tu me marée haute
Je te transparente
tu me pénombre
tu me translucide
tu me château vide
et me labyrinthe
Tu me parallaxe
et me parabole
tu me debout
et couché
tu m'oblique
Je t'équinoxe
je te poète
tu me danse
je te particulier
tu me perpendiculaire
et soupente
Tu me visible
tu me silhouette
tu m'infiniment
Tu m'indivisible
tu m'ironie
Je te fragile
je t'ardente
je te phonétiquement
tu me hiéroglyphe
Tu m'espace
tu me cascade
je te cascade
à mon tour mais toi
Tu me fluide
Tu m’étoile filante
Tu me volcanique
Nous nous pulvérisable
Nous nous scandaleusement
jour et nuit
nous nous aujourd'hui même
tu me tangente
je te concentrique
Tu me soluble
tu m'insoluble
tu m'asphyxiant
et me libératrice
tu me pulsatrice
Tu me vertige
tu m'extase
tu me passionnément
tu m'absolu
je t'absente
tu m'absurde
Prendre Corps …
Je te narine je te chevelure
je te hanche
tu me hantes
je te poitrine
je buste ta poitrine puis te visage
je te corsage
tu m'odeur tu me vertige
tu glisses
je te cuisse je te caresse
je te frissonne
tu m'enjambes
tu m'insupportable
je t'amazone
je te gorge je te ventre
je te jupe
je te jarretelle je te bas je te Bach
oui je te Bach pour clavecin sein et flûte
je te tremblante
tu me séduis tu m'absorbes
je te dispute
je te risque je te grimpe
tu me frôles
je te nage
mais toi tu me tourbillonnes
tu m'effleures tu me cernes
tu me chair cuir peau et morsure
tu me slip noir
tu me ballerines rouges
et quand tu ne haut talon pas mes sens
tu les crocodiles
tu les phoques tu les fascines
tu me couvres
je te découvre je t'invente
parfois tu te livres
tu me lèvres humides
je te délivre je te délire
tu me délires et passionnes
je t'épaule je te vertèbre je te cheville
je te cils et pupilles
et si je n'omoplate pas avant mes poumons
même à distance tu m'aisselles
je te respire
jour et nuit je te respire
je te bouche
je te palais je te dents je te griffe
je te vulve je te paupières
je te haleine
je t'aine
je te sang je te cou
je te mollets je te certitude
je te joues et te veines
je te mains
je te sueur
je te langue
je te nuque
je te navigue
je t'ombre je te corps et te fantôme
je te rétine dans mon souffle
tu t'iris
je t’écris
Tu me penses
Son Corps Léger …
Son corps léger
est-il la fin du monde ?
C'est une erreur
c'est un délice glissant
entre mes lèvres
près de la glace
mais l'autre pensait :
ce n'est qu'une colombe qui respire
quoi qu'il en soit
là où je suis
il se passe quelque chose
dans une position délimitée par l'orage
Près de la glace c'est une erreur
là où je suis ce n'est qu'une colombe
mais l'autre pensait :
il se passe quelque chose
dans une position délimitée
glissant entre mes lèvres
est-ce la fin du monde
C’est un délice quoi qu'il en soit
son corps léger respire par l'orage
Dans une position délimitée
près de la glace qui respire
son corps léger glissant entre mes lèvres
est-ce la fin du monde ?
mais l'autre pensait : c'est un délice
il se passe quelque chose quoi qu'il en soit
par l'orage ce n'est qu'une colombe
là où je suis c'est une erreur
Est-ce la fin du monde qui respire
son corps léger ? mais l'autre pensait :
là où je suis près de la glace
c'est un délice dans une position délimitée
quoi qu'il en soit c'est une erreur
il se passe quelque chose par l'orage
ce n'est qu'une colombe
glissant entre mes lèvres
Ce n'est qu'une colombe
dans une position délimitée
là où je suis par l'orage
mais l'autre pensait :
qui respire près de la glace
est-ce la fin du monde ?
quoi qu'il en soit c'est un délice
il se passe quelque chose
c'est une erreur
glissant entre mes lèvres
son corps léger
Lecture de Passionnément par Ghérasim Luca lui-même --> ici
D'autres lectures (Son Corps Léger, Une vie Une oeuvre) --> là
L'article de l'Humanité sur la vie et le mort du poète.
15:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 04 octobre 2007
DEMEURE DU CHAOS
Non loin de Lyon, à Saint Romain au Mont d'Or, s'est installé l'homme le plus étrange de la planète. Son nom est Thierry Ehrmann et ce type a le don de me fasciner !
Il plait, il plait pas, sa personnalité dérange les âmes sensibles et ultra-conformistes !
En "déconstruisant" cette demeure du XVIIe siècle, ce riche homme d'affaires, dirigeant d'une énorme entreprise et pionnier de l'Internet, Thierry Ehrmann donne sa vision du monde, non comme businessman, mais comme plasticien, qu'il est depuis plus de 20 ans : une vision chaotique, violente, pessimiste, noire certes, mais une réelle oeuvre d'art.
De nombreux artistes ont participé à son élaboration qui a commencé après les attentats du 11 septembre 2001 et qui ne finiront sans doute jamais ... Toujours en évolution, cette demeure est le représentation même de l'Histoire du monde. La demeure de cet illuminé ne cesse d'évoluer mais il reste toujours les traces du passé, on accumule les oeuvres comme on accumule les expériences de l'Histoire.
En s'enrichissant de l'histoire de l'art, inspiré par les surréalistes, les dadaïstes et surtout par sa propre folie, Thierry Ehrmann montre là ce que devrait être l'art.
Est-ce que l'art est fait pour être beau et pour plaire ? Ou ne devrait il pas être un langage, faire passer des messages et des émotions, des ressentis, comme une sorte de sentiment profond qui boue en nous et qui surgit ?
Il y a certains artistes, ou de simples admirateurs ou encore des déjantés comme lui qui le comprennent (ou essayent, en tout cas) et le soutiennent et puis il y a ceux, un peu bornés sur les bords ou qui ne font pas l'effort, ceux qui pensent à l'esthétisme de ce petit village et non pas à son coeur, son âme qui font un procès à ce type et le condamne à remettre sa demeure en l'état ...
Pour mieux comprendre la démarche artistique de ce mec génial, je met en lien un reportage d'une dizaine de minutes qui est très bien fait -> reportage TLM
La demeure est ouverte à tous les week-end, gratuitement, mais vous pouvez aussi la visiter grâce à ce moyen de communication génial qu'est internet, en allant sur le site de la demeure du chaos
18:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 16 septembre 2007
A MEDITER ...
Voici ce que Eugène Ionesco écrivait dans Notes et contre-notes en 1962.
"Regardez les gens courir, affairés dans les rues. Ils ne regardent ni à droite, ni à gauche, l'air préoccupé, les yeux fixés à terre, comme des chiens. Ils foncent tout droit, mais toujours sans regarder devant eux, car ils font le trajet connu d'avance, machinalement. Dans toutes les grandes villes du monde c'est pareil. L'homme moderne, universel, c'est l'homme pressé, il n'a pas le temps, il est prisonnier de la nécessité, il ne comprend pas qu'une chose puisse ne pas être utile ; il ne comprend pas non plus que dans le fond c'est l'utile qui peut être un peu inutile, accablant. Si on ne comprend pas l'utilité de l'inutile, l'inutilité de l'utile, on ne comprend pas l'art ; et un pays où on ne comprend pas l'art est un pays d'esclaves et de robots, un pays de gens malheureux, un pays de gens qui ne rient pas ni ne sourient, un pays sans esprit où il n'y a pas d'humour, où il n'y a pas le rire, il y a la colère et la haine. car ces gens affairés, anxieux, courant vers un but qui n'est pas un but humain ou qui est un mirage, peuvent tout à coup, au son de je ne sais quel clairon, à l'appel de je ne sais quel fou ou démon se laisser gagner par un fanatisme délirant, une rage collective quelconque, une hystérie populaire. Les rhinocérites, à droite à gauche, les plus diverse, constituent les menaces qui pèsent sur l'humanité qui n'a plus le temps de réfléchir, de reprendre ses esprits ou son esprit, elles guettent les hommes d'aujourd'hui qui ont perdu le sens et le goût de la solitude"
D'où l'importance de l'art et de l'esprit critique !
D'où l'importance de ne pas se laisser manipuler !
Attention Danger !!
La réflexion personnelle doit prendre toute la place pour rester lucide.
Que chacun médite, que chacun prenne conscience de ses idées et les assume !
Enfin, les politiques et les médias cesseront de nous prendre pour des ânes, des moutons !
(Telle est mon utopie ... pour le Carnaval !!)
12:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 07 mars 2007
Histoire du carnaval
Un peu de culture, un peu d'histoire, ca n'a jamais fait de mal à personne ...
Le thème du Carnaval de Romans 2007 (La mal-bouffe, le pas d'bouffe, le trop d'bouffe) est en fait très bien choisi car le Carnaval est axé autour de cela.
D'abord, le mot "carnaval" vient du latin "carnis levare", ce qui veut dire "enlever la chair".
En fait le carnaval est le même jour que Mardi-Gras (mais il est plus pratique de la faire un week end à notre époque).
Mardi-Gras est ce jour où l'on mange tout et n'importe quoi, où l'on peut faire ce que l'on veut avant les 40 jours de carêmes.
C'est pour cela que le personnage contre qui nous crions nos mots/maux s'appelle Caramentran ou Carmentran, c'est la contraction de Carême entrant.
Bien que cette année soit la 11e édition du Carnaval de romans, il est en fait très ancien.
En effet, nous connaissons bien ce fameux lundi 15 février de l'an 1580 où, comme aujourd'hui, le Carnaval servait de réglement de compte.
Aujourd'hui, nous arrivons un peu mieux à nous contrôler, mais il y a 427 ans, nos ancêtres étaient un peu plus sauvages ...
Alors que les pauvres profitaient de ce jour pour critiquer les riches, Carnaval s'est transformé en lutte des classes, en vengeance, en bataille sanglante.
La population est échauffée : les pauvres paient trop d'impôts, les guerres de religions souillent la Terre, et déjà des "ligues" se sont créées chez les pauvres comme chez les riches.
La haine est attisée également du côté des riches puisque les pauvres ont approché de trop près la reine du Carnaval.
La panique envahit Romans et les villages voisins entrent dans le combat.
Au final, un mois après, tout cela cesse mais entre 1500 et 1800 hommes ont perdu la vie.
Cependant, certains pensent qu'il ne s'agit pas réellement d'une lutte des classes mais plutôt d'un réglement de compte entre les "patriciens" et les "plébéiens".
Heureusement, aujourd'hui le Carnaval est moins violent mais il n'a pas perdu sa valeur de révolte, notamment grâce aux doléances que tout monde, chômeurs, ouvriers, artisites, patrons, pauvres ou riches, peut venir faire !!
14:17 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








